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Comment PokerStars a assis sa domination

THE WEEKLY SHUFFLE, 2013-08-18, par TwoGun

Sans aucun doute, PokerStars est actuellement la plus grande salle de poker en ligne du moment. Selon la majorité des estimations, la salle est au moins 5x plus grande que la deuxième salle au classement, à savoir Full Tilt Poker, qui s'avère être sa propriété. Derrière Full Tilt, plusieurs sites tels que Titan Poker, Party Poker et 888 Poker, tous d'une taille similaire sont très largement derrière FTP.

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Ce ne fut pas toujours le cas. En fait, jusqu'à 2007, PokerStars était un peu le poissard des sites de poker en ligne, toujours très importants mais éternel second. C'est d'abord Paradise Poker qui occupa cette place de première salle de poker en ligne, (même si les plus jeunes d'entre vous n'en ont jamais entendu parler). Ensuite, c'est Party Poker qui s'est imposé comme chef de meute, jusqu'à l'UIGEA.

Même si le vote de l'UIGEA et le pari de PokerStars de continuer d'accepter les joueurs américains furent les deux principales raisons de sa domination, il y a d'autres facteurs qui ont influencé ce résultat. Repassons un peu le fil des événements :

Avant UIGEA : les tournois satellites

Lorsque Chris Moneymaker a transformé son satellite à 39 $ en des gains de 2,5 millions aux WSOP, il a instantanément braqué tous les regards sur le poker et PokerStars. Moneymaker (on aurait pu rêver meilleur nom pour un joueur de poker, au passage) a inspiré des millions de jeunes qui se sont lancés dans le poker et les tournois satellites. Et bien évidemment, le premier site sur lequel ils se rendaient, c'était PokerStars.

Lorsque Greg Raymer a remporté un tournoi satellite sur PokerStars l'année suivante et a fini par remporter les WSOP, c'était presque trop beau pour PokerStars. La salle avait alors établi une importante domination en se taillant la réputation de site de référence pour les tournois de poker importants, et tout particulièrement pour les tournois satellites WSOP.

Néanmoins, PokerStars n'était alors que la salle n°2. Leur réputation pour les tournois et leur très bon logiciel ne suffisait pas encore à détrôner Party Poker et sa machine marketing ultra efficace, surtout aux niveaux des affiliés.


UIGEA

Le vote de l'UIGEA est sans aucun doute possible l'événement insolite qui a propulsé PokerStars au rang de n°1. Lorsque cette loi a été adoptée à la surprise générale, les salles de poker se sont retrouvées au pied du mur. PokerStars fut l'une des seules à décider de rester sur le marché américain. Le site a pu prendre cette décision car il était alors une société privée, alors que les autres étaient déjà cotées en bourse, comme Party Poker et 888 Poker.

Alors que Party Poker et compagnie perdaient 80 % de leur base de joueurs du jour au lendemain, PokerStars est devenu instantanément salle de poker n°1 ainsi qu'aspirateur de tous les anciens clients américains des autres salles de poker. PokerStars a utilisé les joueurs américains pour développer ses liquidités et augmenter ses efforts marketing en Europe et dans les autres pays. Le site a tiré profit de son statut de plus grande salle de poker en ligne en offrant les plus gros tournois de poker de la planète tous les dimanches.

Non seulement PokerStars a eu la chance que tous les autres sites décident de ne plus accepter les joueurs américains après l'UIGEA, mais ils ont eu aussi le cul bordé de nouilles que le gouvernement américain mette 5 ans avant de lancer des procédures pour faire appliquer la loi. Si le Black Friday était arrivé en 2007 au lieu de 2011, les bénéfices nets que PokerStars a réalisé grâce l'UIGEA auraient été très limités. En fait, leur décision d'accepter les joueurs américains aurait pu leur exploser dans les mains et les envoyer au tapis comme ce fut le cas pour Ultimate Bet ou Full Tilt Poker avant son rachat.

Au lieu de ça, l'UIGEA n'a pas réellement été appliqué jusqu'à ce que PokerStars finisse d'en tirer tous les avantages. Lorsque la merde a fini dans le ventilo, en 2011, PokerStars avait déjà assuré sa place de leader mondial et n'avait même plus réellement besoin du trafic américain. La colère du gouvernement américain fut aussi très supportable, car les amendes reçues étaient largement dans leurs moyens. L'UIGEA fut la meilleure chose qui est arrivée à PokerStars, quelque soit l'angle sous lequel vous y réfléchissez.

Tout sur le logiciel et le professionnalisme

PokerStars a été capable de maintenir sa position de leader en restant « THE best », de bien des manières. Leur logiciel a toujours été très fluide. Les joueurs ont toujours adoré la possibilité de jouer avec plusieurs tables facilement sur PokerStars (ce qui était aussi un mauvais point, dans le sens où cela favorisait l'apparition de sharks dans les parties).

Par ailleurs, le service d'assistance de PokerStars a toujours été très compétent. Les joueurs de poker avaient l'impression d'être écoutés par des personnes compétentes et bien informées, qui connaissaient bien le monde du poker, alors que d'autre sites proposaient parfois des solutions d'assistance au rabais en utilisant des agents de centre d'appel sans qualification particulière.

PokerStars s'est concentré sur ses points forts et les a perfectionnés : de gros tournois et une atmosphère de professionnalisme. Ils ont été capables de se différencier des autres sites de poker sur ces deux qualités, et c'est comme cela qu'ils ont assis leur position dominante.

Pas de rakeback

Le rakeback, ou retour sur commission, était presque chose normale dans la période 2004-2008, même s'il présentait des effets néfastes à long terme pour les salles de poker. Une preuve de cette affirmation est justement la disparition, de nos jours, de toute forme de rakeback dans la sphère du poker.

Le problème avec le rakeback, c'est qu'il tend à donner plus d'argent aux joueurs gagnants, mais qu'il n'aide pas les fishs à s'en sortir. De plus, le rakeback augmente les frais marketing des salles de poker, car en gros elles paient le même joueur deux fois ; pour l'attirer et pour le retenir (car en général il trouve un moyen d'obtenir le rakeback seulement après s'être inscrit sur le site). Le rakeback punit aussi les « bons » affiliés et les autres pourvoyeurs de nouveaux joueurs vers la salle de poker et, au final, aide des intermédiaires sans intérêt qui n'apportent par réellement de nouveaux joueurs (les joueurs étant déjà inscrits) sur le site.

Du coup, PokerStars s'est plutôt concentré sur un système de récompenses interne, le programme FPP. C'est l'un des meilleurs disponibles sur le marché et il fait l'unanimité chez les joueurs. Il contribue à faire que les joueurs continuent de jouer, tout en offrant des récompenses raisonnables mais très motivantes aux joueurs actifs.

En bref, un programme de récompenses interne est une méthode idéale pour une salle de poker de retenir sa base de joueurs. Confier du rakeback à des affiliés externes qui vont le dépenser sur des joueurs qui sont déjà inscrits n'est clairement pas un bonne solution. PokerStars a compris ce fait très tôt, et cela les a aidés à rester numéro 1. D'autres sites comme, par exemple, InterPoker (mais d'où ça sort ce site, vous demandez-vous peut-être ?), ne l'a jamais compris.

Aucune grosse boulette

Pour être franc, disons que beaucoup de salles de poker ont fini par faire des conneries, d'une manière ou d'une autre, ces dernières années. La plus grosse d'entre elle étant l'affaire Full Tilt Poker. Même si PokerStars les a finalement sauvés de la noyade, leur approche risquée et malhonnête de la gestion des fonds des joueurs a été révélée au grand jour.

C'est une chose qu'une banque utilise les fonds de ses clients pour faire des prêts à d'autres. C'en est une autre qu'une salle de poker prête de l'argent à ses amis joueurs compulsifs et règlent des frais stupides et non rentables. Aucune raison n'empêchait Full Tilt d'être une salle de poker stable et très profitable ; ses propriétaires se sont simplement montrés très imprudents. Et lors du Black Friday, ils se sont retrouvés cul nu et ont disparu de la nature.

Au contraire, PokerStars a toujours été administrée par des professionnels. Ils ont peut-être enfreint les lois américaines, mais au moins ils l'ont fait de manière professionnelle ! Lorsque le Black Friday a tout explosé, ils n'ont eu aucun problème pour rembourser les joueurs américains ou payer les joueurs non américains.

Les erreurs des autres salles de poker ont bien servi PokerStars. Alors que Party Poker aime prétendre que toute la faute de leur chute revient à leur retrait du marché américain à la suite de l'UIGEA, la vérité est qu'ils ont aussi perdu leur touche spéciale. Lorsque la compagnie fut introduite en bourse, elle est devenue la classique « grosse entreprise diabolique » et sa décision de fusionner avec Bwin n'a fait qu'asseoir cette image.

Le point fort de Party Poker a toujours été son programme d'affiliés très robuste. Mais ils ont fini par essayer d'arnaquer leurs affiliés en leur reversant des commissions de plus en plus petites. Et cela leur a coûté leur plus précieux et efficace bras de levier marketing. Là encore, PokerStars s'est concentré sur ses points forts, en les améliorant, alors que Party a fini par bouffer son principal atout.

Le fait que Party a continué à perdre sa base joueurs alors que d'autres salles comme iPoker et 888 Poker ont continué à augmenter la leur est une preuve irréfutable que la chute de Party n'est pas seulement la faute de l'UIGEA, mais bel et bien Party elle-même. Et tout cela a bien contribué au succès de PokerStars, car son principal adversaire a non seulement été frappé d'un bad beat avec l'UIGEA, mais a en plus continué de se tirer dans les pieds longtemps après.

PokerStars n'accepte plus les joueurs américains, mais reste de loin la salle de poker n°1 au monde. La combinaison de son professionnalisme constant, d'un très grand coup de chance au vue de l'UIGEA, ainsi que d'une concentration claire sur ses atouts a permis à PokerStars d'atteindre la domination quasi totale dont elle bénéficie aujourd'hui.

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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