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Cinq idées reçues sur le poker en ligne légal aux U.S.A.

THE WEEKLY SHUFFLE, 2012-10-21, par Ozone

Il y a beaucoup de fausses idées qui circulent sur le statut légal du poker en ligne aux U.S.A. Le marché actuel de la prohibition du poker et le marché légal potentiel sont source de beaucoup d'infos et de discussions. Malheureusement, souvent non fondées.

Nous allons donc mettre un peu d'ordre en nous attaquant à cinq fausses idées sur la légalisation du poker en ligne aux U.S.A. :

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#1 : Que c'est déjà fait

Dans une conversation la semaine dernière sur Twitter avec un pro du poker américain qui n'arrêtait pas de spammer ses suiveurs avec son compte de rakeback sur Carbon Poker, je lui ai demandé s'il croyait que les salles de poker qui servent les clients américains étaient à l'abri des lois. Il m'a répondu que depuis que le DOJ avait changé sa position sur le Wire Act, les salles de poker sans permis ne seront plus la cible des U.S.A. Ce raisonnement s'avère sûrement pratique pour un spammer de rakeback, mais il est totalement à côté de la plaque.

Le DOJ n'a pas besoin du Wire Act pour cibler les salles de poker en ligne. Il dispose déjà de deux lois, l'UIGEA et l'Illegal Gambling Business Act, qui peuvent lui servir d'armes de différentes manières pour cibler les salles de poker en ligne sans permis. Souvenez-vous que ces sites s'en remettent encore à des processeurs de paiement relativement obscurs pour déplacer des fonds hors du système bancaire américain. Si le DOJ peut rendre le traitement des paiements aussi compliqué que la mécanique des fluide, et Full Tilt Poker ne vous dira pas le contraire, le gouvernement américain peut s'en prendre à des sites comme Carbon Poker directement pour mettre à genoux les sociétés qui les gèrent.

#2 : Que tout redeviendra comme avant

Si vous pensez que le poker en ligne redeviendra ce qu'il était avant le Black Friday, vous vous trompez.

La prochaine ère du poker en lien aux U.S.A., une fois que nous aurons dépassé ce climat de prohibition non justifié et des opérateurs de bas étage, se présentera sous l'une de ces deux formes : un poker en ligne réglementé état par état, ou un poker en ligne fédéral.

L'approche état par état est déjà en cours avec Nevada poker qui devrait être en ligne au début de l'année prochaine. Le problème est qu'il sera sans doute sans intérêt. Il y a moins de 3 millions de personnes dans l'état du Nevada. Cela représente 1% de la population américaine. Donc même si techniquement, c'est une forme de poker légal, personne n'en profitera ou presque. Même si vous êtes résident du Nevada, la quantité de liquidités investie dans le poker sera insignifiante. Attendez-vous à trop de vétérans de Vegas et à des prize pool trop petites.

Le poker en ligne légalisé au niveau fédéral, même s'il reste le choix favori, ne fonctionnera pas aussi bien qu'avant. La raison en est que les joueurs internationaux ne seront plus là. L'actuel projet de loi de poker en ligne fédéral avec le plus de chances de réussir à devenir une loi élimine expressément la possibilité que les joueurs basés hors des U.S.A. participent aux parties. En gros, au revoir les poissons suédois pour notre grinder anonyme américain.

#3: Que c'est pour bientôt

Les gens ont toujours cru que le poker en ligne légal arriverait d'un jour à l'autre aux U.S.A. Nous nous souvenons sur la croisière Party Poker Million Cruise en 2008 l'excitation des joueurs sur comment Obama allait être élu et tout de suite légalisé le poker, parce qu'Obama jouait au poker.

Ok, c'est ça.

Vous pouvez parier sur une chose : quelle que soit votre prédiction sur la durée qu'il faudra avant une légalisation du poker en ligne aux U.S.A, doublez-la ! Et vous serez peut-être un peu plus proche de la vérité. La bureaucratie, la lenteur de la commission du jeu d'argent, les batailles légales, et les complications qui attendent des opérateurs non expérimentés vont repousser de plusieurs années le lancement du poker en ligne légal aux U.S.A. Prenez déjà l'exemple du Nevada. Ils étaient déjà supposé avoir un site de poker en ligne en état de fonctionnement l'été dernier. Ne croyez jamais aucune prédiction faite par un politique ou quelqu'un qui en profite.

#4 : Que Stars/Tilt sera toujours là

Tous ceux qui ont atteint le statut platinum sur PokerStars semblent croire que le site est invincible. L'idée pour eux est que PokerStars, en aidant le DOJ à résoudre le problème de la dette aux joueurs américains en rachetant Full Tilt, s'est maintenant attiré les bonnes grâces du DOJ et sera autorisé à entrer sur le nouveau marché américain. Même si sur le papier c'est potentiellement vrai, il manque un facteur dominant dans cette notion : Harry Reid.

Si le poker en ligne est légalisé aux U.S.A., ce sera grâce à un sénateur très redevant aux grandes sociétés de casino qui opèrent dans son état du Nevada. Ces sociétés ont fait en sorte qu'il soit réélu en 2008 et maintenant il doit les aider à s'accaparer une grosse part du gâteau dès qu'il sortira du four. Il y a déjà une clause dans le projet de loi de poker en ligne de Reid qui empêcherait les opérateurs qui ont violé l'UIGEA en acceptant les joueurs américains pendant la prohibition de revenir sur le marché américain pendant 5 ans. Cela donnera tout le temps nécessaire à Caesars et aux autres gros casinos de s'assurer un monopole avant d'avoir à affronter un réel opposant.

#5 : Que ce ne sera pas une pauvre expérience bureaucratique

Les joueurs de poker américains vont avoir droit à un réveil difficile lorsque le très attendu poker en ligne arrivera au pays. Ce ne sera pas le paradis. En gros, voilà pourquoi :

1. Les opérateurs de jeu d'argent enchaînés par des sociétés couvertes de dettes. Regardez juste ce qu'il en est des WSOP et vous aurez une idée du type de qualité qu'offrira une salle de poker en ligne accolée au nom de Caesars. Ces sociétés de casino ne sont rien d'autre que des moissonneuses à fric, qui font des profits sur tout pour soulager leur arrière train douloureusement endetté. L'expansion à Vegas a coûté beaucoup à ses sociétés, surtout à Caesars, qui n'a pas réussi à profiter de la bulle des casinos à Macao. Ils ont un besoin urgent de liquidités et ramasseront tous les centimes possibles dès qu'ils le pourront sur le poker en ligne.

2. Le FISC va pointer le bout de son nez. Beaucoup de joueurs de poker en ligne s'en remettent à des pratiques comptables très créatives pour masquer leurs souvent maigres revenus en tant que pro du poker. Ils pourront dire adieu à ces pratiques dès que le poker en ligne légal arrivera aux U.S.A. Ils recevront un formulaire d'imposition du FISC à chaque fois qu'ils essaieront de retirer l'argent qui se trouve sur leur compte.

3. Plus aucun transfert entre joueurs. L'une des meilleures choses dans le poker en ligne est la manière dont vous pouvez l'utiliser comme moyen de règlement des dettes ou des paris entre amis. Je te dois 20 $ sur un pari ? Pas de souci, je t'envoie tout ça sur Stars. Attendez-vous à voir disparaître cette fonction très pratique car les casinos ne veulent surtout pas être associés aux possibilités de poursuite pour blanchissement d'argent et fuite de capitaux qu'entraînent les transferts entre joueurs.

4. Votre état doit accepter la législation. Si vous vivez dans un état comme l'Utah, qui est contrôlé par de fervents moralistes, devinez quoi ? Pas de poker en ligne pour vous. Il est clair que le projet de loi de poker en ligne fédéral proposé par Reid insiste sur le fait que les états doivent accepter le marché du poker légalisé. Si un état vote contre par une simple majorité, cela signifie qu'il restera hors de la législation par défaut, ne permettant pas à ses résidents d'accéder aux salles de poker en ligne. Il sera donc facile pour les états contrôlés par les républicains les plus conservateurs de rester dans le status-quo de la prohibition. Même si votre état est suffisamment progressiste pour que le poker en ligne soit accepté politiquement, cela pourrait leur prendre des années avant d'adhérer à cette loi. Sympa tout ça, non ?

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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