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Pensées d'un exilé du poker Américain

THE WEEKLY SHUFFLE, 2011-11-13, par Ozone

Cela fait bientôt six semaines que j'ai quitté ma vie aux Etats-Unis pour me délocaliser à Playa del Carmen, au Mexique, afin de pouvoir accéder à nouveau à un jeu sur internet, qui est devenu une partie importante de ma vie au fil des années. Je suis ici depuis suffisamment longtemps pour commencer à me sentir capable d'analyser cette expérience, au moins un petit peu. Je pense que même dans plusieurs dizaines d'années je me sentirais surpris d'avoir vendu tout ce que je possédais et quitté mon pays natal pour continuer à jouer un jeu de carte sur internet. L'état de clarté dans lequel je me sens sur cette expérience me fait réfléchir sur la culture du poker en ligne et l'évolution de ce que cela veut dire pour moi d'être un Américain.

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Malgré l'apparente folie du projet sur le papier, et en fait c'est vraiment fou de le faire pour de vrai, se délocaliser des USA pour jouer au poker en ligne m'est apparu comme totalement naturel. Une partie du bonheur de vitre dans la culture des gens qui profitent du poker en ligne est d'avoir une vue globale. J'ai voyagé dans plusieurs villes des USA, d'Europe et même d'Israel, à cause du poker. Avoir plusieurs années de prise de conscience que le monde c'est plus que la culture confortable dans laquelle j'ai vécu fait que quitter les USA me semble moins être un inconnu effrayant.

Une autre chose qui contribue à ce sentiment de naturel est la vague de pionniers du poker en ligne qui se sont délocalisés avant moi. Ayant quitté les USA environ 6 mois après le Black Friday, j'étais un peu en retard pour la fête de l'exile du poker. Cela m'a donné le bénéfice de pouvoir contacter d'autres qui avaient déjà fait le voyage par eux-mêmes. Chip Ferguson ('z23fantatic' en ligne) a été d'une aide précieuse et généreux avec son temps pour m'aider à déterminer quel agent immobilier contacter, à quelle banque aller, et quels étaient les Mexicains travaillant à la banque qui pourraient m'aider en anglais.

Se remettre au poker en ligne n'était pas aussi simple que de débarquer de l'avion à Cancun et d'allumer mon ordinateur. D'abord, vous devez avoir un compte bancaire. Pour en avoir un, vous devez avoir une copie de votre contrat de location et une facture prouvant que vous habitez à votre adresse, ainsi que le visa que vous avez reçu des douanes. Il faut de la patience pour arriver au bout de la procédure. J'ai passé beaucoup de mes premiers jours au Mexique à simplement essayer de faire avancer le processus de me reprendre le poker en ligne.

Une fois que vous avez un compte bancaire, en théorie, vous êtes prêt. J'aurais pu jouer sur Party Poker, 888 Poker, et d'autres en quelques jours après mon arrivé au Mexique, si je n'avais pas eu plein de problèmes avec la fonctionnalité de mon système bancaire en ligne. Cela m'a en fait pris une semaine avant de pouvoir cliquer sur le bouton « buy-in ». Après six mois chaotiques, cela fait du bien de pouvoir à nouveau pratiquer une activité qui est la norme pour moi.

Quelque chose à laquelle j'ai fini par m'habituer au Mexique, c'est que tout ne fonctionne pas aussi efficacement que ce à quoi j'étais habitué aux Etats-Unis. Il faut de la patience pour vivre ici. Il y a moins cette impression d'urgence ici qu'aux USA. J'ai en général bien accueilli ce changement de rythme et de style de vie, et j'irais même jusqu'à dire que j'en avais bien besoin.

Mes grands projets de déménagement à Playa del Carmen impliquaient jouer au poker en ligne presque tous les jours. Cependant, depuis mon arrivée, je me suis retrouvé démotivé à passer de longues heures sur les tables de poker en ligne. J'ai joué 2 ou 3 jours par semaine, et j'ai à la place alloué beaucoup de temps pour faire du sport, profiter de la plage paradisiaque qui est presque au pied de ma porte, et à assimiler la culture d'ici qui m'est très étrangère. Le coût de la vie moins élevé du Mexique m'a permis d'accepter plus facilement un rythme plus lent et d'être moins inquiet des problèmes de flux d'argent. Cette modification de mon style de vie m'a servi de bon aide mémoire de l'importance de s'amuser et de profiter de la vie. La vie est réellement trop courte pour ne pas en profiter si vous en avez la possibilité.

Il y a suffisamment d'Américains qui se sont relocalisés ici pour me fournir cette ambiance familière et sécurisante lorsque nécessaire, mais pour la majorité du temps, c'est un vrai choc des cultures. C'est très surréel de savoir que partout où vous allez, vous êtes la minorité. Vous êtes l'immigré qui ne parle pas la langue natale. Vous n'êtes plus chez vous. Vous êtes tout juste un passant dans la maison d'un autre.

Pourtant, étrangement, le Mexique commence à me faire sentir comme à la maison. Les quelques mot d'espagnol que je suis capable de me souvenir de cinq ans de cours dans le système éducatif Américain, combinés avec le langage corporel et une population habituée à gérer les étrangers perdus, m'ont suffit pour me rendre partout où je voulais aller. Pourtant, c'est toujours désarçonnant de vouloir communiquer quelque chose à quelqu'un mais de ne pas pouvoir, à cause de la barrière de la langue. Six semaines de cette lutte quotidienne m'ont plus que motivé à chercher un tuteur pour apprendre l'espagnol. Mes leçons commencent la semaine prochaine.

Dans un sens plus large, ce déménagement au Mexique semble être le coup de grâce à la lune de miel que j'ai passé avec mon pays depuis qu'il fut instillé en moi, quand enfant, je chantais le serment d'allégeance tous les lundis matin dans cette école élémentaire publique. J'ai grandi depuis, passant de ce petit garçon avec ce sens de respect et de révérence envers son pays, pour devenir un homme qui réalise maintenant qu'il est loin d'être parfait et pas autant le centre de l'univers qu'il le pensait.

Ce fut un long processus par étape de maturation pour moi, de réaliser que nos politiciens ne sont pas des rock stars mais plutôt des hommes viciés très redevable au statu quo et à l'intérêt des soutiens financiers qui leur donnent leur place. Et que le style de vie Américain n'est pas la meilleure façon de vivre, mais au mieux une façon de vivre dans un monde qui offre beaucoup de choix. En fait, même si ça sera une grande surprise pour beaucoup d'Américains, la plupart du monde a trouvé un moyen de vivre heureux sans avoir besoin de partager les valeurs de la culture Américaine. Ce fut peut-être la plus grande leçon que j'ai apprise ces six dernières semaines passées à Playa del Carmen : que le monde est un grand, et qu'il ne tourne pas autour de moi autant que je le croyais.

Je suppose que la dernière once de révérence j'avais pour mon pays a été effacée lorsque le jeu dont je profitais de manière inoffensive sur mon ordinateur portable assis sur mon canapé m'a été enlevé sans la moindre considération pour les citoyens dont les vies en étaient enrichies. Les joueurs de poker Américains se sont fait traiter comme un insecte, écrasé par le pied du gouvernement, sans respect. J'aimerais toujours mon pays et l'esprit qu'il représente, mais mes jours à le regarder avec des yeux grands ouverts comme un enfant le ferait pour son père, sont bien révolus.

J'ai du quitter les USA pour rejoindre la majorité du reste du monde développé qui a accès au poker en ligne. Et même si c'est, sur le papier, la raison qui a fait que moi et les autres exilés du poker avons quitté les USA, il y a un certain sentiment chez moi qui fait que c'est devenu plus que de cliquer sur quelques boutons dans un jeu de carte sur le net.

Etre ici dans ce pays étrange me semble trop familier pour croire que l'expérience d'exilé du poker est simplement motivée par un jeu de carte sur internet. Le poker a toujours été adapté pour les gens avec une propension à vivre sur le fil, à la recherche du trésor. Cela me semble très adapté, et peut-être même une bonne comparaison pour décrire l'état actuel des USA, que moi et des centaines d'autres Américains ayons dû quitter notre pays à la recherche d'une meilleure opportunité.

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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