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Le mythe du pro riche

THE WEEKLY SHUFFLE, 2011-07-31, par Ozone

La semaine dernière, un article fantastique par le site de news du poker par donation (non affilié) Subject: Poker a examiné la relation financière entre Full Tilt et deux de ces pros sponsorisés, Phil Ivey et David Benyamine. Le rapport de Noah Stephens-Davidowitz fut une révélation, pour pas dire plus.

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En fonction des données fournies par une source anonyme, Subject: Poker a été capable d'ouvrir le rideau sur les coulisses de Full Tilt et son mécanisme interne. Ce qu'ils ont appris est que Full Tilt prêtait directement de l'argent aux joueurs : entre juin 2009 et avril 2011, Phil Ivey a emprunté $10 millions au site en ne repayant environ que $5 millions de cet argent dans le même intervalle de temps. Cela donne beaucoup de crédibilité à la déclaration de Full Tilt comme quoi Ivey doit de l'argent au site.

Subject: Poker a aussi été capable de démontrer que le rakeback de David Benyamine et les paiements horaires en tant que pro sponsorisé étaient déduits directement de son compte le jour où il les recevait. Ce fut le cas jusqu'au Black Friday ce qui suggère que Benyamine, tout comme Ivey, doit aussi de l'argent au site.

Ivey et Benyamine ne sont que deux des 173 (anciens) pros sponsorisés par Full Tilt. Il semble improbable qu'ils soient les deux seuls à recevoir des prêts de la part de Full Tilt. Les chances sont qu'ils sont quelques uns, voir beaucoup, à avoir reçu des prêts du site. Si une partie conséquente de ces prêts est toujours en vigueur, cela permettrait d'expliquer en partie pourquoi les coffres de Full Tilt sont vides.

Pour spéculer un peu plus, il semble aussi possible que Full Tilt donnait des prêts avec de l'argent qu'ils n'avaient pas (ie: ce qui revient à imprimer son propre argent). Il est très possible que les malheurs financiers actuels de la compagnie soient le résultat d'une arnaque à la ponzi (à l'instar de Madoff), où ils ont créé plus d'argent qu'ils n'en récupéraient via les dépôts. Le site a été fondé par des Pros télévisés et fonctionnait donc pour les intérêts de ces mêmes pros. La vie de ces gens est fondée sur le principe que tout augmente, augment, augmente et augmente encore. Il ne serait pas ridicule de se dire que les propriétaires de Full Tilt ont cru qu'ils finiraient par recevoir suffisamment de dépôts, dans l'avenir, pour compenser l'argent qu'ils prêtaient aux joueurs. Cependant, on est encore loin de l'épilogue de la saga Full Tilt ; il faudra peut-être plusieurs années pour savoir ce qui c'est exactement passé avec l'Enron (ndt : nom du compagnie associé à l'un des plus grands scandales financiers) du poker.

En prenant un peu de recul, analysons une nouvelle fois les trouvailles majeures de Subject: Poker : Phil Ivey empruntait à Full Tilt! Pourquoi, on peut bien se le demander, un gars qui a gagné possiblement plus que quiconque d'autre dans l'histoire du poker, sans mentionner que c'est le même qui recevait des contrats de sponsoring fabuleux, avait-il besoin d'emprunter de l'argent à son sponsor ? La réponse est probablement que Phil Ivey est ruiné. Oui, c'est la vérité. Un gars qui, il y a tout juste un an, était estimé à plus de $100 milions, est peut-être déjà fauché.

Si Ivey est bien « busto » (ou qu'il vaut moins de $10 millions, ce qui est un « busto » relatif à la perception qu'ont les gens de sa richesse), comment est-ce arriver ? C'est difficile à dire avec certitudes. Les rumeurs courent depuis un long moment dans le monde du poker sur l'addiction d'Ivey au Craps. Je me rappelle avoir parlé avec un reporter du poker lors de ma première année au WSOP en 2005, et il m'avait dit qu'Ivey avait perdu tous ses gains, soit $635 000, pour sa victoire dans le $5 000 PLO, en une seule nuit à une table de craps. A ce moment là, j'ai été horrifié et je ne l'ai pas cru. Mais le reporter m'a assuré qu'Ivey avait une soif insatiable pour les jeux « pit games » (jeux de table : craps, blakjack, baccarat...).

Pendant un moment, partons du principe que ces rumeurs sont fondées. Partons du principe qu'Ivey est un joueur dégénéré de pit games, et qu'il y perd de l'argent depuis des années. Est-il possible que ces 10 millions de gains au poker soient tous repartis dans les coffres du casino via les jeux de tables ? Bien sûr, c'est tout à fait possible. Si vous pariez suffisamment d'argent, suffisamment souvent, et suffisamment débilement, il n'est pas difficile de perdre 7 ou 8 zéros d'équité au casino en quelques années.

Ivey et Benyamine sont justes deux exemples de joueurs à hautes mises qui, à l'évidence, ont beaucoup moins d'argent que l'on pourrait le croire en observant leur carrière de poker. L'article de Subject: Poker fut très important, non seulement pour la révélation du fonctionnement interne de Full Tilt, mais aussi pour apporter des preuves au moulin de ceux qui avaient suggéré qu'il y a une dissonance considérable entre l'image de certains pros du poker (riche) et la réalité de leurs finances personnelles (busto, et ayant besoin d'emprunter).

Donner les noms d'autres joueurs potentiellement dans la même situation serait irresponsable. Nous ne pouvons pas nous résoudre à la faire. Par contre, ce que nous pouvons faire, c'est de lancer l'hypothèse que ces pros « riches » télévisés sont loin d'être aussi blindés que les masses ont été amenées à le croire. L'addiction aux jeux de hasards, jeux de tables, des habitudes de dépenses à outrance, et la vente d'une majorité de leur action à d'autres joueurs sont autant de facteurs qui font que des joueurs, dont on pourrait croire les comptes en or massif, sont en fait en plaqué aluminium.

L'article de Subject: Poker a confirmé ce que beaucoup de gens ont spéculé pendant des années : en moyenne, ces gars n'ont pas autant d'argent que les fans de poker ont été amenés à le croire.

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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