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Habituez-vous au changement

THE WEEKLY SHUFFLE, 2011-07-03, par Ozone, TwoGun

Récemment, plusieurs faits sont venus rappelés la très grande volatilité du poker en ligne. La bonne nouvelle, ce fut le projet de loi présenté à la Chambre des Représentants par le Républicain Joe Barton, du Texas. De l'autre côté, la fermeture brutale de Full Tilt Poker suivant la suspension de son permis par Alderney Gambling Control Commission. Ces deux nouvelles servent de piqûre de rappel pour le monde du poker en ligne qu'il faut toujours s'attendre à l'inattendu jusqu'à ce qu'une forme de réglementation aux USA permettent de ramener le calme dans un cadre nouveau et serein.

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La Loi Barton

Depuis le passage de l'UIGEA en 2006, PokerTips a préféré garder son énergie plutôt que de célébrer outre mesure les différents projets de loi pro poker en ligne présentés à la Chambre des Représentants US. La plupart du temps, nous avions prédit (à raison) que ces projets de loi n'avaient pas ou peu de chances d'être votés et nous avions choisi de laisser l'euphorie à ceux qui avaient encore de l'espoir. Mais un récent projet de loi, présenté par Joe Barton, un Républicain du Texas, vient de nous faire rejoindre le camp des optimistes du monde du poker, et nous avons à nouveau l'espoir de voir une loi pro poker être votée.

Le projet de loi de Joe Barton semble, pour diverses raisons, soulever plus d'optimisme que la litanie de projets présentés par Barney Frank l'an dernier.

1. Le Black Friday a beaucoup aidé. Avant le Black Friday, rien ne motivait particulièrement au changement. Le poker en ligne existait dans un monde underground d'opérateurs étrangers et de processeurs de paiements obscurs, et malgré cela le jeu se portait toujours bien. Des dizaines de millier d'Américains ont joué au poker en ligne pour de l'argent réel, tous les jours. Le joueur occasionnel n'était pas vraiment concerné par la bataille légale du poker aux USA : ils pouvaient toujours jouer, alors pourquoi s'ennuyer à supporter les tentatives pro-pokers ?

Le Black Friday a créé une impulsion significative pour la bataille légale du poker aux USA, Le projet de Barton pourrait en bénéficier car le monde du poker en ligne est désormais dans le néant.

2. C'est la tentative pro-poker la plus bipartisane à ce jour. Le fait que ce projet de loi a été présenté par un Républicain main stream du Texas indique un changement de tendance pour le poker en ligne (techniquement Ron Paul est aussi un Républicain du Texas mais il est considéré comme un législateur en marge qui n'entraine pas un grand soutien dans son propre parti).

Onze des collègues de Barton soutiennent le projet de loi, sept d'entre d'eux étant Démocrates, quatre sont Républicains. Depuis l'UIGEA, aucun projet ne peut se venter d'avoir été aussi bipartisan. Ceux qui se battent en faveur du poker en ligne étaient, avant, principalement un groupe marginal de Démocrates à l'esprit libertaire. Maintenant, il y a aussi des Républicains qui n'ont plus peur de se positionner politiquement pour soutenir le poker en ligne. C'est une très bonne chose pour le poker. Moins le problème sera vécu comme une prise de position partisane, plus les chances d'un vote augmenteront.

3. Le projet de loi offre un compromis intelligent. Les farouches opposants au jeu d'argent sur internet pourraient être intéressés de voter pour la loi Barton. Ce projet de loi contient une formulation qui pourrait renforcer l'interdiction des formes de jeu d'argent en ligne autres que le poker. Le Représentant Spencer Bachus, connu pour son opposition au poker en ligne, a déclaré qu'il « n'était pas opposé » à l'initiative de Barton. En donnant à ses opposants quelque chose qui va dans leur sens (des lois plus strictes contre les jeux d'argent en ligne), ce projet de loi pourrait obtenir tout le soutient nécessaire pour être voté.

La réalité reste, cependant, que le poker en ligne n'est qu'une toute petite priorité pour les élus. Même si le projet de loi de Barton met du baume au c?ur, il restera probablement très difficile à faire voter par la Chambre. Le but immédiat de Barton est d'amener une audience sur le projet de loi lors du Comité de la Chambre de l'Energie et du Commerce, avant cet été. Les chances que le projet de loi soit voté à la sortie de ce comité, sur le terrain de la Chambre, puis que Sénat, amené jusqu'au bureau du président, et singé en une loi, tout ça avant la fin de la session du Congrès (Octobre 2012), sont vraiment faibles, mais cela reste possible.

Aussi, si le projet de loi est capable de passer la Chambre (ou simplement d'y gagner suffisamment de soutien pour ne pas être considéré comme toxique), il y aura toujours la possibilité que Harry Reid puisse l'attacher à un de ces projets de loi qui doit passer à tout prix à la onzième heure, un peu comme ça c'était passé pour l'UIGEA en 2006.

Fermeture de Full Tilt, une vente attendue

Le monde du poker a été secoué la semaine dernière par l'annonce que la licence d'opération de Full Tilt venait d'être révoqué par la Alderney Gambling Control Commission. Immédiatement, Full Tilt a chuté de la place de seconde plus grande salle de poker à une situation où ils n'ont même plus de base de joueurs.

Les clients non Américains du Full Tilt se retrouvent maintenant dans la même situation que leurs pairs Américains : est-ce que je vais un jour récupérer mon argent, ou non ? Tous les joueurs non Américains avec ce problème ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. La réaction correcte au Black Friday aurait du être de récupérer son argent et de ne plus jamais venir jouer sur ce site avant leurs problèmes légaux aux USA soient réglés. Ce fut particulièrement évident lorsque Full Tilt ne pouvait plus rembourser les joueurs Américains. Pourquoi garder son argent sur un site qui ne peut pas rembourser ses clients US alors qu'il y a d'autres compagnies cotées en bourse avec un risque zéro de problèmes légaux, tels que Party Poker, 888 Poker, etc. ?

Cependant, les nouvelles d'une vente potentielle de Full Tilt à des investisseurs Européens a amené la possibilité que les joueurs puissent être chanceux, pour une fois. La compagnie a signé un accord Jeudi dernier avec un groupe d'investisseurs qui apporterait suffisamment d'argent pour acquérir une majorité des intérêts dans la compagnie, qui a été évaluée à $15 milliards. La vente est actuellement en attente et non finalisée.

A la suite de cette nouvelle, Phil Ivey a abandonné ses poursuites contre Full Tilt. Son avocat a déclaré que Ivey croyait maintenant que « Full Tilt prend des mesures pour rembourser les joueurs. »

Mais il est difficile d'imaginer la vente de Full Tilt passer comme une lettre à la poste. Ils ont perdu leur permis d'exploitation. Ils sont poursuivis pour plusieurs centaines de millions de dollar (potentiellement plus d'un milliard) par le DOJ. Et leur PDG est un fugitif pour le gouvernement US. La vente est en attente d'un accord entre le DOJ et Full Tilt, qui peut très bien ne jamais arriver.

Il est aussi très difficile d'imaginer que quelqu'un veuille réellement acheter Full Tilt. Ces investisseurs pensent ils vraiment que le site va immédiatement être réhabilité et redevenir ce qu'il était une fois qu'ils auront racheté et remboursé les joueurs ? Si c'est le cas, ils font une grosse erreur de jugement. Les joueurs de poker, pour des raisons évidentes, devraient et vont éviter Full Tilt à tout prix si et quand le site redémarre. Cette marque est ternie pour toujours. Et grâce à UB, le monde du poker aura sûrement appris à ne pas donner une seconde chance à Full Tilt.

De plus, il est difficile d'imaginer Full Tilt se voir accorder un permis à la suite d'une législation votée aux USA (si cela devait arriver un jour). Ils vont se trouver dans la situation inverse dont ils ont bénéficié lorsque l'UIGEA fut voté : à l'extérieur, regardant par la fenêtre. Pourquoi les joueurs non-US joueraient il sur une petite salle sans joueurs US ? Nous avons déjà vu qu'ils ne le font pas. PokerStars et Full Tilt restaient particulièrement populaires chez les joueurs non-US, malgré que les parties soient légèrement plus faciles sur les petits sites sans joueurs US. Le projet de loi de Barton, s'il était voté, permettrait probablement les joueurs internationaux sur les sites ayant une licence aux USA. Il ne faudra pas longtemps pour que la majorité du monde joue sur les sites ayant une licence aux USA. Full Tilt n'a que très peu de chance de se retrouver invité à la fête.

Ces investisseurs Européens semblent croire que s'ils dépensent des centaines de millions pour rembourser les joueurs et affichent une pancarte « nouveau propriétaire », tout le monde reviendra l'air de rien sur le site. Mais n'importe qui avec un peu de jugement cliquera à mort sur le bouton « cashout » et s'enfuira en courant, très loin du site (si l'occasion se présente).

Pour ce qui est de la rédaction de cet article, nous ne savons pas grand-chose sur les investisseurs en question, ou les conditions exactes nécessaires pour réaliser cet investissement. La spéculation que cet accord dépend en fait d'un accord entre Full Tilt et le DOJ est tout à fait logique. Toutefois, cela diminue les chances réelles d'une concrétisation de l'accord (à moins qu'un accord avec le DOJ soit déjà en cours...qui sait...). Pour être clair, même si le DOJ a travaillé sur un accord avec PokerStars pour permettre un remboursement des joueurs US, mais ils n'ont pas encore atteint un accord global avec Stars. Un accord soudain et global entre le DOJ et Full Tilt semble difficile, pour ne pas dire impossible. Ou, peut-être que les investisseurs seraient satisfaits d'un accord partiel avec le DOJ pour pouvoir simplement rembourser les joueurs US. Encore une fois, qui sait ? On ne sait pas non plus si le procès « class action » d'envergure prévu contre Full Tilt par les joueurs US cherchant à être remboursé va influencer ou non la vente.

Ceux qui ont beaucoup d'argent bloqué sur Full Tilt espèrent un accord complet avec le DOJ rapidement, ce qui donnerait aux investisseurs la confiance suffisante pour acheter Full Tilt, ou que les investisseurs soient suffisamment stupides pour racheter Full Tilt alors que le site est encore sous le coup d'une amende de plus d'un milliard de dollars. Dans le second cas, pour que les joueurs récupèrent leur argent, il faudrait que l'argent soit mis à disposition des joueurs avant même que le DOJ ne demande sa part.

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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