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Showdown: Nate McNiterson vs. Benny Degenerito

THE WEEKLY SHUFFLE, 2008-02-24, par Ozone, TwoGun

Le coeur de Nate McNiterson piqua un sprint quand il feuilleta la brochure dans son courrier: The First Annual Desert Classic sera organisé au Sahara de Las Vegas; les épreuves préliminaires avec des buy-ins allant de $30 à $100 seront clôturées par un championship event $250 buy-in. Un petit sourire satisfait se dessina sur son visage au moment où il s'imagina affichant sa main préférée, une paire de neuf noirs exactement comme Phil Hellmuth, tout en posant à côté du trophée du Desert Classic. Nate se reprit et culpabilisa de s'être laisser emporter dans cette rêverie prétentieuse. Il savait que sa bankroll $8,000 était trop petite pour supporter la règle obligatoire des 100 buy-ins pour l'épreuve finale. Cependant, il pourrait tenter sa chance dans quelques $40+$20 super-satellites. Tout en réfléchissant à ce qu'il allait faire, il remarqua les petits caractères tout en bas de la brochure: « les joueurs recevront un coupon alimentaire de $10 pour chaque tournoi auquel ils participeront ». Cinq minutes plus tard, son billet d'avion pour Vegas était réservé.

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Bien qu'il ait fait v?u d'abstinence au jeu depuis quatre mois, suite à une série de badbeats sur PokerStars, Benny Degenerito regardait sa brochure du Desert Classic et, comme il le dît à ses collègues de travail le jour suivant, « j'ai comme le pressentiment que je vais le gagner ». Benny s'était fait la promesse, durant sa carrière de joueur professionnel de poker, de toujours suivre son intuition. Sa foi était qu'il n'y avait pas assez de mathématiques dans le monde pour surpasser un pressentiment. Il restait juste un problème. Il y avait, selon la tournure qu'il préférait employer, quelques « irrégularités » dans sa bankroll. Dans des moments comme celui-là, Benny savait qu'il n'y avait qu'une seule personne au monde en qui il pouvait avoir confiance, une seule personne qui comprenait à quel point les dieux du poker avait été impitoyables avec lui : sa maman. Cependant, puisqu'il savait qu'elle allait s'inquiéter pour lui, il décida qu'il était préférable de ne rien lui dire. Il emprunta de l'argent pour le buy-in en puisant dans un bocal caché sous le lit de sa mère, et il se promit de la rembourser au double s'il finissait dans les places payées.

Ca lui prit quatre tentatives, mais Nate s'assura finalement une place pour le prestigieux Desert Classic Championship Event. Il se félicita d'avoir eu la discipline de ne pas entrer directement dans le tournoi. Les quatre satellites $40+$20 lui ont couté seulement $240, soit une économie de $10 sur le prix de sa place. La veille du tournoi, il décida de s'offrir une Margarita, « pas trop de tequila » dit-il en souriant à la serveuse, « demain, j'ai un championnat à gagner ». Etrangement, elle ne lui rendit pas son rire. « Sûrement lesbienne, pensa t'il. »

A une heure du début du tournoi, Nate s'installa dans son siège, fort d'une bonne nuit de neuf heures de sommeil. Benny, qui venait de terminer une nuit blanche à picoler autour d'une table de craps, arriva à sa place au moment même où la première main était distribuée. Avec des blinds de 25-50 et un tapis de 5,000, Benny découvrit sa paire d'As. C'était la même main sur laquelle il s'était fait sortir le tournoi d'avant. Quand tout le monde se coucha jusqu'à lui en position intermédiaire, il sut qu'il n'y avait qu'une seule façon de jouer sa main : allin ! Tout le monde se coucha, et Benny ramassa le pot de 75 jetons. La chance semblait tourner dans le bon sens pour Benny. Au lieu de se faire sortir, il venait de remporter facilement 75 jetons.

A une table de là, Nate fut assez chanceux pour que son limp preflop lui fasse toucher un brelan de 5 sur un flop K54. Après avoir pris plusieurs minutes pour envisager la situation, il suivit son opposant à tapis et doubla le sien face à un brelan de 4. Nate en eut un soupir de soulagement, et se félicita d'avoir eu le courage de suivre au bon moment. Il avait vraiment eu l'envie de coucher sa main, craignant plus que tout un brelan de K.

Quand le tableau de 54 joueurs fut réduit à une table finale de 11, Nate prit le temps d'aller appeler sa mère. « La table finale maman, la table finale !! » Bien qu'il reste encore du travail à faire, puisque seulement les cinq premiers seraient payés, Nate savait que c'était déjà en soi un grand accomplissement. Il espérait un jour pouvoir dire à ses enfants, pour peu qu'il en ait, « est ce que je vous ai déjà parlé de la table finale du premier Desert Classic ? »

Pour Benny Degenerito, la table finale annonça le moment de sortir fièrement ses lunettes de soleil à la Fossilman. Nate complimenta Benny sur cet accessoire de bon goût, ce à quoi il répondit « si elles sont suffisamment bien pour Fossilman, elles le sont aussi pour moi. ». Ils partagèrent un petit rire. Et s'en fut fini de la cordialité dans leur relation.

La main suivante, Benny fit une importante relance depuis sa position avancée. Nate découvrit sa paire de rois, et décida de simplement suivre, au cas où Benny aurait deux as. Le flop vînt J63. Ils checkerent tous les deux. Le turn fut un 2. Ce qui redonna un peu de courage à Nate qui prît sur lui et misa 1/3 du pot. Benny suivit. La river amena un nouveau 6. Benny ouvra tout de suite par une grosse mise. Nate se remémora instantanément le conseil de sa mère, « ne laisse personne te marcher sur les pieds », et il décida de suivre. Benny montra son 67s, et encaissa l'énorme pot.

Nate a déjà pris des bad beats dans sa vie, mais celui là fut le pire. Il se considérait comme un homme calme et patient, mais cette fois s'en était trop. Il tendit fébrilement le bras, pointant son doigt dans la direction de Benny, et commença à maugréer « fish...fish... », puis à crier avec une ferveur qui aurait pu lui valoir un petit séjour reposant en hôpital psychiatrique « FISH ! ». Benny répondit calmement, « 67s est ma main favorite. Elle marche toujours quand je la joue. » De suite, Nate répliqua . « Howard Lederer, dit il solennellement, dit clairement dans son guide des mains de départ que 67s n'est une bonne seulement qu'en cash game. Rien que de penser que je te prenais pour un bon joueur. Tu n'es qu'un fish, s'emporta t'il. Un f*$@ing FISH ! »
Uh... oh...

Nate n'avait pas utilisé le mot en F depuis cette fois où, à l'école primaire, un gamin obèse lui avait flanqué un coup de poing dans l'épaule pour lui piquer son flan. Ca s'était mal fini, et cette fois encore, les choses s'annonçaient mal. Le directeur du tournoi annonça immédiatement une pénalité de dix minutes pour Nate. Benny ne put retenir son fou rire, et Nate ses larmes. « Ce n'est pas fini, dit il en reniflant un bon coup pour retenir sa morve. » Mais, avec un tapis de seulement une big blind, Nate se retrouva spectateur et ne put pas empêcher Benny de relancer la blind de son siège vacant, l'éliminant à la 11ème place.

Avec l'un des plus gros tapis à la table, Benny fit une relance avec sa paire de rois. Le chipleader à la table le sur-relança à tapis. Même si ce joueur avait déjà fait ce move une dizaine de fois dans l'heure précédente, Benny savait que c'était un move de meta-game et qu'il ne le ferait dans cette situation qu'avec une paire d'as, au moins. Benny se coucha donc pour voir son adversaire montrer une paire de Dames et lui dire « good fold ».

Même si Benny s'était juré de ne jamais titler, il ne put s'en empêcher. Il n'avais jamais perdu une main aussi importante que celle-là dans toute sa vie. La main suivante, Benny relança énergiquement son A4o et suivit la sur-relance à tapis, faite purement et simplement pour l'emmerder, par un joueur serré. L'autre joueur avait AK, et a gagné. Benny, sortit du tournoi, dut alors se résoudre, non sans frustration, à l'une des pires déception de sa vie : il ne serait pas le premier champion du Desert Classic.

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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