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Les Très Gros Payouts En Tournoi

THE WEEKLY SHUFFLE, 2007-08-12, par Ozone, TwoGun

Les tournois Multi-table sont le moyen le plus spectaculaire pour un joueur d'augmenter sa bankroll. Le joueur qui est assez chanceux pour remporter le tournoi reçoit un retour sur investissement phénoménal. Le vainqueur du Main Event WSOP de cette année a transformé $10,000 en $8.25 million en une semaine de jeu, soit un RSI de 82400% !

Puisque une grosse part de la prize pool est réservée à une poignée de joueurs, les mains finales d'un tournoi de poker peuvent être particulièrement intenses. Dans un tournoi avec un gros tableau d'entrants, la première place rapportera souvent vingt fois ce que rapportera la neuvième place. Un pot dont le perdant gagne $25,000 mais dont le vainqueur se place dans la course pour remporter $500,000 provoquera beaucoup d'émotions et ainsi attirera beaucoup de spectateurs.

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La part de la prize pool réservée au vainqueur dans les tournois importants est souvent ridiculement grande. Par exemple, Jonathan Little, le vainqueur d'une épreuve récente du WPT, a remporté $1,091,295. Son gain représente 37.5% de la prize pool de $2,907,381. Cory Carroll qui a fini second a gagné $561,369. A eux deux ils ont reçu 57% de la prize pool d'un tournoi qui avait attiré plus de 300 joueurs. En plus d'augmenter la variance des tournois dans des proportions bingo-esque, ces très gros payouts ont des conséquences plus profondes sur l'écosystème du poker.


Pourquoi les tournois ont des très gros payouts

Il y a plusieurs raisons au fait que les tournois de poker tendent à avoir de très gros payouts. Premièrement, les casinos et les directeurs de tournoi ont un intérêt publicitaire évident à ce que les premiers prix soient très importants. Sur les circuits WSOP/WPT, les structures de payout sont souvent étirées de manière à s'assurer de faire du vainqueur un « millionnaire ». De leur point de vue, qu'est ce qui est le plus attirant : un tournoi où le vainqueur reçoit $850,000 ? ou alors $1,000,000 ? Il y a quelque chose de magique quand le vainqueur va devenir millionnaire. En clair, plus la part du vainqueur est grande, et plus les opérateurs de casinos peuvent se reposer sur leur laurier et se contenter d'offrir d'énormes prix à leur clients.

Les joueurs sont aussi attirés par les tournois qui offrent des énormes prix. Un gros premier prix attirera beaucoup de joueurs espérant transformer leur modeste buy-in en une énorme somme, spécialement si cette somme fait d'eux des millionnaires (avant impôts, bien entendu).

Un cas lamentablement évident de l'effet marketing "millionaire" fut le Tournoi des Champions WSOP 2004. Le second de l'épreuve, Phil Hellmuth, n'a absolument rien gagné pour avoir surpassé huit des meilleurs joueurs mondiaux. La gagnante du tournoi, Annie Duke, a remporté l'énorme prix de $2,000,000. Aucun des participants de ce tournoi ne peut vraiment se plaindre de la structure des payouts, puisque c'était en fait un freeroll. Mais l'exemple est flagrant : plus la part du vainqueur est grande, et plus il est facile de vendre et de diffuser un tournoi de poker.


Comment les gros payouts font du mal au monde du poker

Considérez une salle de poker enligne qui offre un très gros tournoi chaque semaine. La prize pool pour ce tournoi peut être de $500,000. Disons que sur cet argent, les neufs premiers joueurs reçoivent $350,000. Chaque semaine, ces neufs vainqueurs vont probablement retirer leur énorme payout du site de poker enligne. Donc à cause de ce tournoi, au moins $250,000 sont retirés de la salle de poker chaque semaine. C'est $250,000 qui ne sont plus en jeu sur cette salle de poker, donc « l'économie pokéristique » de ce site a baissé d'environ $250,000 à cause de ce tournoi.

L'écosystème du poker, en lui-même, marche comme la salle de poker enligne de l'exemple ci-dessus. Les gens ne sont pas prêts à investir autant d'argent que cela dans le poker. Ainsi, les gros gains de tournois occasionnels sont susceptibles d'être retirés du monde du poker, et investis par les joueurs dans des domaines plus sûrs, comme les fonds de pension ou l'immobilier. La majorité d'une prize pool de $1,000,000 restera dans le monde du poker si 500 reçoivent $2,000 chacun contrairement au cas où seulement 4 joueurs reçoivent $250,000.


Comment les gros payouts font du mal aux joueurs

Certains pays n'imposent pas les gains de jeux de hasard, et les joueurs de poker de ces pays en sont certainement très heureux. Néanmoins, certains pays le font, comme les Etats-Unis. Quand les gains de jeu sont imposés (particulièrement de la manière dont ils le sont aux USA) les gros payouts ont des effets dévastateurs au niveau des impôts.

Prenons l'exemple de deux joueurs différents, tous deux ayant gagné $180,000 dans des tournois. Ces deux joueurs sont dans la fourchette des 33%, parce qu'ils ont un travail, et donc chaque gain net de poker est imposable à hauteur de 33%. Je joueur A a remporté $45,000 par an pendant quatre ans d'affilée. Après les impôts, il lui reste $30,000 par an de ses gains au poker, soit un total net de $120,000 sur ces quatre années.

Le joueur B a perdu $20,000 par an pendant trois ans d'affilée. Selon le régime d'imposition des USA, les pertes de jeu ne sont déductibles que contre des gains de jeu, donc une perte nette n'est pas déductible sur l'impôt sur le revenu. Ainsi, le joueur B ne peut pas déduire ses pertes de ses impôts pendant ces trois années. Lors de la quatrième année, le joueur B remporte un tournoi pour $240,000. Cependant, après les impôts, il ne lui restera plus que $160,000. Quand on prend en compte les $60,000 de pertes des trois années précédentes, le profit net du joueur B tombe à $100,000, ce qui est $20,000 de moins que le profit net du joueur A, même s'ils ont gagné tous deux la même somme.

Cet exemple montre les avantages des gains constants et réguliers (comme ceux des joueurs de cash game) contre ceux d'un énorme gain occasionnel une fois toutes les quelques années.

Les très gros payouts ont aussi un impact psychologique sur les joueurs de tournoi. Puisqu'il n'y a que très peu de joueurs qui « gagnent » réellement en tournoi, la plupart des participants éprouvent un sentiment d'échec. Après une série de plusieurs non résultat d'affilée, ce sentiment peut atteindre un point où les joueurs décident carrément d'arrêter de jouer parce qu'ils en ont marre de perdre. Bien sûr, il y a aussi des bons côtés. Quand un joueur remporte un tournoi, le sentiment de jubilation et de confiance peut être tellement extrême qu'il va quitter son boulot et finir par redistribuer ses gains en pensant qu'il est un « joueur pro de tournoi ».

La variance créée par ces très gros payouts rend toute estimation de son RSI en tournoi MT extrêmement compliquée. A l'exception des tournois à petit buy-in, (que l'on peut jouer plusieurs fois par jour), peu de joueurs sont capables d'estimer raisonnablement leur RSI dans les tournois multi-table en moins d'un an, particulièrement dans les tournois live à gros buy-in. La différence entre terminer quatrième ou premier dans un seul tournoi $10,000 peut faire d'un joueur un perdant net ou un énorme gagnant pour toute l'année.


Les joueurs, en général, n'aiment pas les très gros payouts

Pour preuve que les très gros payouts ne sont pas populaires, il suffit de jetter un ?il au-delà des tables finales pleine de joueurs occasionnels amateurs. Il est complètement commun, en fait, c'est même la norme, que les joueurs fassent un deal à la table finale afin d'aplanir un peu les payouts. Dans mon expérience personnelle, je me suis retrouvé avec le plus petit tapis parmi les six joueurs restant dans un tournoi live. La première place devait normalement recevoir $21,000. La sixième, seulement $4,000. J'ai été capable de négocier mon affaire pour obtenir $9,000 (la même somme que trois autres joueurs à la table alors qu'ils avaient plus de jetons que moi), simplement parce que les chipleader avaient peur que les $21,000 qu'ils pouvaient presque toucher du bout des doigts ne se transforment en $4,000 bien moins ragoutants.

Lorsqu'on en arrive aux gros sous, les gens n'aiment pas le risque. Peu de gens sont réellement capables de jouer pour des milliers, des dizaines de milliers, voir même des centaines de milliers de dollars près de la fin d'un tournoi de poker. A ce moment, beaucoup de gens réalisent que la chance sera un facteur important dans la détermination du résultat final, et que les payouts devraient être modifiés pour refléter ce fait.

Les très gros payouts ne sont bons ni pour le joueurs, ni pour le monde du poker en général. Toutefois, l'appât d'un énorme premier prix amène les gens à jouer dans le tournois et à regarder le poker à la TV, et c'est pourquoi les très gros payouts resteront la norme pendant encore longtemps.

Le Weekly Shuffle est notre tribune du dimanche, avec nos observations et nos commentaires sur le monde du poker. Vous avez une idée d'article ? Laissez nous vos suggestion sur notre page feedback
 




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