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LA STRATéGIE DU POKER

Cette section vous donnera des conseils utiles quand vous serez dans des situations difficiles dans des jeux shorthand limit :

1. Quand vous avez une paire cachée faible (7 ou moins)

Preflop :

Les paires cachées faibles marchent bien dans les gros pots multiway (vous espérez tirer une autre carte afin d’avoir un brelan) ou dans un heads-up. Donc, ceci devrait se voir dans votre stratégie preflop. Si vous avez le bouton, quelqu’un a relancé et un autre a passé, votre meilleure stratégie sera d’éliminer les blinds et de forcer le heads-up. Donc, dans ce cas, relancez. Par contre, si vous misez le gros blind et si trois autres personnes vous ont déjà suivi, il vaut mieux suivre et espérer tirer un brelan au flop.

Avertissement : N’utilisez pas la relance pour forcer le heads-up contre un joueur prudent. Il y a une bonne chance qu’il a une paire fermée plus forte. Dans ces situations, vous risquez fort de perdre. Par exemple, vous ne voulez pas relancer quand vous détenez 88 et l’autre joueur détient TT. Donc, relancer force le heads-up seulement si vous pensez que votre adversaire a deux cartes dépareillées ou une paire cachée plus faible que la vôtre.

Au flop :

Si vous êtes dans un pot multiway, la réponse est simple : passez si vous ne tirez pas un brelan et misez gros si vous le tirez. La seule exception : si vous tirez un flop bizarre – 552 ou 666 (et vous détenez 77). Dans ce cas, vous avez la meilleure main et devez miser gros.

Si c’est heads-up, ça devient plus compliqué. Si le flop consiste surtout de cartes faibles, misez. Il y a de fortes chances que votre adversaire n’a rien. Par contre, si le flop est AJQ, vous allez probablement perdre. Vous pouvez miser si vous voulez (au cas où il aurait aussi une paire fermée faible), mais s’il résiste, il faut passer.

2. Bluffs au flop

Les bluffs au flop marchent bien contre un ou deux adversaires. La méthode est assez simple. Supposons que vous relancez preflop avec KQ dépareillé, et le flop est A95. Bon, vous n’avez rien, même pas l’espoir de tirer une couleur, mais ils ont peut-être rien non plus. Allez-y et misez, vous pourriez peut-être même voler le pot.

S’ils se contentent de vous suivre, vous avez une décision à prendre. Ils pourraient avoir l’As appuyé par une carte assez faible ou ils pourraient avoir K9. Dans les deux cas, vous perdez. En général, il est sage de passer. Faites ceci 80% du temps. Par contre, vous ne voulez pas qu’ils devinent votre stratégie de bluff simplement en vous suivant au flop et en voyant ce que vous faites au turn. Pour cette raison, je recommande le slowplay de temps en temps. Par exemple, supposons que vous avez A9 au flop. Je miserais au flop suivi par une embuscade au turn. En d’autres mots, il faut qu’ils soient punis simplement pour avoir suivi. Les gens ne devraient jamais pouvoir suivre avec la deuxième meilleure main s’ils espèrent que vous bluffez – ils devraient être forcés de relancer pour voir où ils en sont par rapport aux autres. Si vous pensez qu’ils suivent avec la deuxième meilleure main, vous devez miser jusqu'au river si votre main est bonne, mais ne pas toujours miser au flop en suivant par une embuscade au turn quand votre main est plus faible. Vous devez aussi bluffer au turn (mais en général ne le faites pas).

3. Le slowplay

Je n’emploie pas le slowplay tout le temps parce que j’aime bluffer au flop, et les bluffs au flop ne marchent que si vous avez une bonne main au flop. Par contre, de temps en temps il vaut mieux attendre pour miser gros. J’aime le slowplay dans des gros pots multiway quand j’ai une bonne main. Par exemple, si j’ai AK et le flop est AK3, le turn est A, j’ai deux paires. En d’autres mots, le slowplay suivi d’une grosse mise marche très bien dans les pots multiway, mais je ne recommande pas ces stratégies si c’est heads-up. Même dans cette situation AK avec un tableau AAK3, quelqu’un avec un Roi pourrait suivre mais ne relancera pas.

Il ne faut jamais oublier que le slowplay marche le mieux quand vous avez la meilleure main et que vous laissez à vos adversaires le temps de faire une bonne main, mais pas une main assez forte pour battre la votre. Si vous avez un brelan et qu’il y a une couleur à tirer au tableau, le slowplay est idiot parce que vous les donnez le temps de faire une main qui battra la vôtre. Vous devez penser, « Que peuvent-ils tirer qui ne me battra pas mais qui leur fera relancer ? » N’utilisez pas le slowplay avec toutes les bonnes mains. Utilisez-le seulement quand vous avez la meilleure main et pensez que vous gagnerez trop peu sauf si des bonnes cartes (qui ne vous battront pas) apparaissent au tableau et encouragent les autres à penser qu’ils peuvent vous battre.

4. La paire au tableau quand vous avez la troisième carte

Cette situation est difficile. Supposons que le tableau est QQA et vous avez AJ. Vous pourriez avoir la meilleure main ou vous pourriez perdre. Heureusement, cette situation est assez simple. Si vous n’avez qu’à suivre, suivez. Après tout, quelles cartes vos adversaires ont-ils ? Les seules cartes avec lesquelles ils peuvent vous battre sont A7 ou peut-être une paire fermée (personne ne suivrait avec ça).

Donc, quand vous êtes dans cette situation difficile, vous devez penser à deux choses : que faudrait-il pour qu’on vous suive sans vous battre et quelles sont les chances qu’un adversaire ait un brelan. Plus les deux cartes sont fortes, plus il y a de chances qu’il ait un brelan. AAJ fait plus peur à celui avec KJ que 44J. Je traiterais le premier flop avec précaution en jouant passivement, mais je miserais dans le second cas en étant agressif.

Nouvelle question : que veut dire jouer avec précaution ? Bon, si le tableau est AAJ, j’ai KJ, et quelqu’un mise, je me dis qu’il a probablement QJ, donc je suivrais. Mais si quelqu’un mise, je suis, et quelqu’un d’autre relance, je passe.

5. Jouer contre un fooooooooooooooooooou

Les fous peuvent être vraiment pénibles au shorthand. Par contre, on peut s’en débarrasser en suivant (relancez si vous avez une main forte). Ils augmenteront la variance dans le jeu, mais vous gagnerez à long terme. Par exemple, quand je faisais un jeu 100-200 à Intercasino, j’ai reçu QQ, une jolie main. Quelqu’un a suivi, le fou a relancé, j’ai relancé, le fou a suivi, et il restait un autre joueur. Le flop est venu…AK4. Ce flop fut vraiment terrible pour moi. Je décidai quand même de miser, l’autre joueur a passé (bénédiction !) et le fou a relancé. Normalement, j’aurais passé mais le fou était tellement fou que j’ai décidé de le suivre jusqu’au river. J’ai gagné. Il n’avait qu’un 35.

6. Suivre sélectivement

Quelquefois, quand des joueurs espèrent tirer une couleur et que vous avez une paire ou deux paires fortes, ils attendent que vous misiez pour pouvoir ensuite relancer. Si vous pensez qu’ils font ça et qu’ils tirent une bonne carte au river, ne les suivez pas. Suivez au river. Rappelez-vous de vos mathématiques. Si vous êtes en position et que vous suivez jusqu'au river, vous vous économisez 2 grosses mises (4 mises en tout). Si c’est une main standard, il y avait une relance preflop et des joueurs ont suivi au flop et au turn. Donc vous avez miser 5 fois en tout. Vous vous économiseriez la moitié de l’argent que vous auriez perdu en utilisant cette technique.

A ne pas faire au shorthand

  • ne misez pas tout sur un As si quelqu’un d’autre à déjà tout miser. Votre adversaire a probablement une bonne paire fermée, un As appuyé fortement, ou un KQ. Toutes ces mains vont probablement vous battre sauf KQ. En plus, toutes ces mains sont plus fortes dans des situations où il ne reste que trois joueurs. Passez.
  • ne jouez pas au dessus de votre tapis. Le shorthand peut beaucoup varier. Assurez-vous que vous avez plein de temps avant de joindre une partie. Vous ne voulez pas joindre, perdre rapidement, et faire banqueroute !
  • ne jouez pas que votre main. Pensez toujours à ce que pensent les autres. En dépit du fait que ce n’est pas aussi important qu’au no-limit, il faut penser à ce qu’avait l’autre quand il a décidé de tout miser ainsi qu’au genre de main qu’il a quand il suit ou relance. Ne pensez pas qu’il bluff toujours parce que, la plupart du temps, il ne bluff pas.